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Qui sont les supporter Japonais de Bolsonaro ?

Une fois n’est pas coutume, les premiers résultats de l’élection brésilienne sont tombés, et ils proviennent du Japon

Avec un score de 97%, Bolsonaro est l’incontestable gagnant au pays du soleil levant, mais que font ses supporters dans un pays si lointain ? Qui sont-ils ?

Des Brésiliens au Japon ? Étonnant dans un pays aussi fermé à l’immigration, mais pas plus que leurs visages, immigrants ? Diaspora ? Ni l’un ni l’autre, et en même temps un peu des deux.

 

Petit retour en arrière pour quelques explications : à la fin du 19e siècle, ayant aboli l’esclavage, le Brésil se retrouve en pénurie de main-d’oeuvre dans le secteur des plantations de café. Dans l’objectif de blanchir la population en adéquation avec les thèses plus tard étudiées de compatibilité raciale dans la création d’un nouveau peuple stable. Le gouvernement brésilien ouvre en premier lieu l’immigration subventionnée en provenance du vieux continent et particulièrement d’Italie, peuple latin et catholique jugé fortement assimilable dans le nouveau creuset brésilien. Cependant, une fois au Brésil, les immigrés recevaient de très bas salaires et travaillaient dans de mauvaises conditions, bien loin de l’idéal fantasmé des migrants. Pour cette raison, en 1902, l’Italie a promulgué le décret Prinetti interdisant l’immigration subventionnée au Brésil.

C’est alors qu’en 1907 le Japon et le Brésil signent un traité d’amitié, qui va notamment se traduire par l’arrivée d’immigrants japonais dès 1908. A l’époque, les intérêts des deux pays convergent : le Japon, en pleine crise, connaît misère et pénurie alimentaire dû à l’intense industrialisation privant d’avenir nombre de Japonais, et l’accueil de ces “pionniers” va permettre au Brésil de répondre à un manque de main d’oeuvre, en particulier dans les plantations de café, où les conditions de vie et le travail sont difficiles. Au début extrêmement difficile, la situation des nouveaux arrivants s’améliore dans le temps, certains devenant à leur tour des propriétaires terriens.

Suite à l’engagement du Brésil aux côtés des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale, les relations entre Brésiliens et Nippo-Brésiliens sont tendues. Quelques années auparavant L’Estado Novo de Vargas promeut l’idée dominante d’une unification de tous les habitants du Brésil sous un même « esprit national ». De fait les Japonais, tout comme les communautés allemande, italienne et juive durent massivement assimiler au creuset brésilien, catholiques, mais aussi portugais, en commençant par la langue même. Ces derniers voient donc leurs écoles et associations fermer, leurs journaux disparaître.

Les choses s’apaiseront ensuite à partir des années 50 et l’immigration japonaise pourra reprendre. À partir de cette époque, les Japonnais-Brésiliens sont irréversiblement devenus des Nippo-Brésiliens, pratiquant pour une grande part le catholicisme, et parlant pour les nouvelles générations exclusivement le portugais.

Au cours des années 1980, la situation économique du Japon s’est améliorée et est devenue stable. De nombreux Brésiliens japonais sont allés au Japon en tant que contractuels en raison de problèmes économiques et politiques au Brésil et ont été qualifiés de  » Dekasegi « . Des visas de travail ont été offerts aux Dekasegis brésiliens en 1990, ce qui a favorisé une immigration accrue du Brésil.

 

Mais où sont nos Brésiliens du Japon, ou nos Nippo-Brésiliens du Japon dans tout ça ?

 

En 1990, le gouvernement japonais a autorisé l’entrée légale des Japonais et de leurs descendants jusqu’à la troisième génération au Japon.

À cette époque, le Japon recevait un grand nombre d’immigrants clandestins en provenance du Pakistan , du Bangladesh, de la Chine et de la Thaïlande. Au contraire des pays européens la législation japonaise de 1990 visait à sélectionner les immigrants qui entraient au Japon, accordant une nette préférence pour les descendants japonais d’Amérique du Sud, en particulier le Brésil, dans l’optique de préservé le creuset national et la stabilité du pays le gouvernement japonais estimait que les Brésiliens seraient plus facilement intégrable à la société japonaise.

Ces personnes ont été attirées au Japon pour travailler dans des zones que les Japonais ont refusées (les « trois K »): Kitsui , Kitanai et Kiken. Dur, sale et dangereux. L’afflux de descendants japonais du Brésil au Japon était et continue d’être important: plus de 300 000 Brésiliens vivent au Japon aujourd’hui, principalement en tant que travailleurs dans des usines.

Ce ne fut pas pour autant aussi simple qu’espérer, les immigrants qui se percevait comme étant pourtant bien japonais au sein de la société brésilienne se rendit compte à quel point elle était finalement brésilienne une fois retourné à la mère Patrie. Parlant pour la majorité exclusivement portugais, la communauté japono-brésilienne se retrouva et se structura dans quelques villes telles que Hamamatsu ou Izumi où leur présence marque les lieux.

 

Aujourd’hui le Japon compte 173 038 ressortissants brésiliens, environ 1,9 million d’habitants sont d’origine japonaise au Brésil, les Brésiliens sont la 3e communauté au Japon après les Chinois et les Coréens et la langue portugaise s’est énormément répandue comme langue d’enseignement au Japon.

 

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