Méta

Détruire le paradigme politique

Un point de vue globale de l’influence croissante des mouvements politiques et des écoles de pensée antilibéraux : pourquoi sont-ils apparus et où vont-ils ?

Il y a près de trois décennies, le mur de Berlin s’est effondré et nous sommes entrés dans l’après-guerre froide. Le libéralisme avait triomphé et nous étions enfin arrivés à « la fin de l’histoire »- c’est du moins ce que nous pensions. Aujourd’hui, nous constatons que les fondements du libéralisme ne sont pas aussi solides que nous l’avions imaginé et nous observons l’émergence de forces politiques antilibérales partout dans le monde. Allons-nous entrer dans un monde post-libéral dans un avenir proche ?

 

Fin du paradigme gauche/droite (encore ?!)

 

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale et le début de la Guerre Froide, nous avons commencé à assister à des divergences dans l’éventail politique. Sur la gauche, nous avons vu surgir un schisme ; la gauche s’est scindée en deux forces qui sont devenues connues sous le nom de l’ancienne gauche et de la nouvelle gauche. La vieille gauche représentait des forces politiques très proches de l’Union soviétique et du communisme. Une fois le globe divisé en deux pôles, le libéralisme et le communisme, la vieille gauche est devenue moins pertinente en tant que force politique et beaucoup ont été soumis à des « chasses aux sorcières » par des personnalités comme Joseph McCarthy, le sénateur. Avec le déclin de l’ancienne gauche, nous avons alors commencé à voir la montée de la nouvelle gauche, également connue sous le nom de progressisme. La nouvelle gauche a été fortement inspirée par la théorie critique. Elle s’est davantage concentrée sur les questions des inégalités socio-culturelles qui existaient dans la société et s’est beaucoup moins intéressée à la théorie économique marxiste. Les cercles intellectuels de gauche, comme « Partisan Review », sont devenus de fervents partisans de la nouvelle gauche, qui était socialement démocratique et anticommuniste. Dans le discours politique contemporain, la nouvelle gauche est à l’origine de ce que l’on appelle désormais la « politique des identités », c’est-à-dire la politique du féminisme, du multiculturalisme, etc.

 

Sur la droite, en particulier aux États-Unis, nous avons observé une divergence similaire. Le peu de l’ancienne droite qui existait aux États-Unis, cette partie de la droite partisane du fascisme, avait été complètement reléguée à la trappe de l’histoire avec la défaite du fascisme et du nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale. En effet, pendant la guerre, la plupart des sympathisants du fascisme ont été emprisonnés ou châtiés d’une manière ou d’une autre.

 

Les quelques sympathisants de la vieille droite qui existaient après la Seconde Guerre mondiale étaient fortement marginalisés par ce qui est connu comme la nouvelle droite en Amérique (à ne pas confondre avec le mouvement Nouvelle Droite1) Mais aussi cette Nouvelle Droite, moins connue qui s’était formé en France à la fin des années 1960). La nouvelle droite américaine était une forme de libéralisme de droite qui était un mélange d’opinions, comme le pro-capitalisme, le soutien à un gouvernement régalien, l’anticommunisme (aussi l’antifascisme), une politique étrangère interventionniste et une défense des valeurs de la famille chrétienne. La nouvelle droite américaine, mieux connue sous le nom de conservatisme, a été popularisée par des personnalités comme William F. Buckley et sa revue « National Review« , ainsi que par des personnalités politiques comme Barry Goldwater.

 

Le conservatisme et le progressisme sont des formes de libéralisme (le conservatisme étant un libéralisme de droite et le progressisme étant un libéralisme de gauche). Tous deux s’opposent au communisme et au fascisme. Tous deux sont partisans de la démocratie, du capitalisme libéral, du capitalisme de marché, de l’égalitarisme et de l’humanisme. Puisque le libéralisme de droite, le conservatisme, accepte tous les principes clés du libéralisme, il s’est révélé être une opposition largement inefficace au libéralisme de gauche. Paradoxalement, avec la défaite de leur seul adversaire idéologique restant, le communisme, les deux idéologies ont eu le vent en poupe.

 

Le conservatisme a donc changé ses objectifs géopolitiques pour s’opposer à « l’islamo-fascisme ». Ce fut un succès temporaire, comme nous l’avons vu avec la montée du mouvement néoconservateur, surtout après les événements du 11 septembre 2001. Cependant, le peuple américain est rapidement devenu désillusionné par la guerre néoconservatrice à l’étranger. Quant au progressisme, avec la pression concurrentielle du gauchisme, il a été largement mis à la dérive, s’adonnant à des expressions farfelues de la gauche, par exemple : les études de blancheur, le féminisme de troisième vague, la théorie queer, la théorie du genre. Le progressisme est devenu un « rebelle sans cause » parce qu’il est le dernier homme debout et le vainqueur triomphant de la guerre froide, mais il se retrouve sans rien contre quoi il pourrait se définir. Dans l’ère de l’après-guerre froide, nous nous retrouvons avec un libéralisme de droite anémique et un libéralisme de gauche triomphant, mais sans but. Avec l’arrivée de la « fin de l’histoire » et son imprégnation dans le monde entier sous la forme du mondialisme, nous sommes ainsi en mesure d’entrer dans l’ère du post-libéralisme.

 

 

L’opposition au libéralisme se renforce

 

En 2018, nous assistons à la montée des tendances antilibérales sur toute la planète. En Occident, on observe Donald Trump, Bernie Sanders, le Brexit, Orbán en Hongrie, Salvini en Italie, l’identitarianisme européen, le populisme nationaliste et la droite. Dans ce qui reste du Moyen-Orient, on voit Assad, Erdogan, le Hezbollah, l’Ayatollah et la propagation du wahhabisme. Nous assistons à la montée de Poutine, qui s’oppose à la suprématie américaine. À l’Est, nous voyons la Corée du Nord, la Chine et Duterte aux Philippines. En Amérique latine, Maduro porte encore le flambeau de l’héritage de Chavez au Venezuela. Partout dans le monde, de gauche comme de droite, nous voyons une opposition au libéralisme. Plusieurs éléments clés, qui ont joué un rôle dans la montée de l’opposition au libéralisme dans l’ensemble du spectre politique, comme l’opposition à la politique étrangère américaine, à l’immigration, aux frontières ouvertes, et la demande de sécurité en matière économique.

 

Naturellement, en réponse à cette montée de l’antilibéralisme, nous voyons le libéralisme s’attaquer de diverses manières à toutes ces forces politiques. Nous assistons en conséquence à l’émergence d’un nouveau paradigme politique. Le philosophe russe Alexandre Douguine qualifie la force politique opposée dans ce nouveau paradigme de « quatrième théorie politique ». Elle n’est pas encore complètement idéologisée mais elle incorpore des éléments du communisme et du fascisme et s’oppose au libéralisme. De même, Alain de Benoist a appelé à une périphérie contre le centre Le philosophe marxiste slovène, Slavoj Žižek, a également appelé à une alliance entre la droite et la gauche. En Occident, nous voyons que le populisme sera très probablement le vecteur le plus crédible pour                                                                             réaliser cette évolution politique.

 

Conclusion

 

Le plus grand défi auquel les opposants au libéralisme devront faire face sera la collaboration avec d’autres factions politiques antilibérales. Aux États-Unis, il est peu probable qu’il y ait une coalition entre populistes de droite et de gauche (partisans de Donald Trump et ceux Bernie Sanders). Cependant, en Italie, nous constatons une sorte de coopération entre la Ligue du Nord de Salvini et le Mouvement 5 étoiles. La coopération est possible et elle sera nécessaire. Paul Gottfried, professeur judéo-américain paléo-conservateur, appelle à un populisme « dépouillé » qui évite les controverses politiques. Vu la structure politique américaine, il semble nécessaire, pour répondre aux préoccupations des populistes, d’être bipartisan. Même dans ce cas, des questions comme l’immigration, la politique étrangère et l’économie peuvent encore semer la discorde. Le succès populiste aux États-Unis sera également de la plus haute importance, car c’est le « ventre de la bête » en ce qui concerne le libéralisme. Afin de saisir l’opportunité que nous offre la campagne présidentielle réussie de Donald Trump, nous devons développer une théorie critique du populisme. La construction d’une quatrième théorie politique et le démantèlement du libéralisme nécessiteront une nouvelle école de pensée. En cherchant à comprendre la nature du libéralisme et la nature du populisme en réponse au libéralisme, nous pouvons amorcer l’élaboration d’une nouvelle théorie critique.

 

Traduit depuis arktos.com
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